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Réflexions

Une autre approche de la santé par le tai chi chuan

Une autre approche Repousser le singe style Yang

La santé dans la postmodernité

Une autre approche ? La postmodernité renoue en fait avec certaines valeurs et modes de fonctionnement propres à la pré-modernité. De nombreuses études au sein de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ont ainsi mis évidence la dimension culturelle de la santé. Comme le clame par ailleurs la sociologue Claudine Brelet, « l’étude des médecines traditionnelles, issues de savoirs fondés sur des cosmologies très anciennes, fait intégralement partie de l’histoire contemporaine, celle d’un monde high-tech. Cela peut en effet paraître paradoxal. »

Une autre approche : intégrer les oppositions

Le contradictoriel caractérise néanmoins la postmodernité. C’est également le fondement du tai chi chuan. En fait, le paradoxal dérange et angoisse au plus haut point les tenants de la modernité convertis à la philosophie du tout blanc ou tout noir. En somme, pour ces adeptes du dualisme, le maître-mot est séparation. La nature doit être dominée et exploitée, elle n’est qu’un vaste entrepôt de marchandises dont peuvent s’emparer les plus audacieux. L’être humain est morcelé. La multiplication de disciplines déconnectées génère une multitude de savoirs ignares. Le règne de la dissociété engendre le désenchantement du monde et son cortège de maux en tout genre. Dans la guerre de tous contre tous et contre tout, il faut éradiquer la maladie.

Relativiser

Une révolution conceptuelle préfigurée par le romantisme induit une nouvelle approche. Le développement de la théorie de la relativité et la naissance de la physique quantique y contribue. Ce « nouvel esprit scientifique » gagne peu à peu divers champs disciplinaires.  On parle aujourd’hui de management quantique, de biologie quantique, de médecine quantique. Parallèlement, la société dans son ensemble est secouée, traversée, animée par divers courants traduisant une indéniable vitalité. Cette nouvelle socialité est fondée sur la relation. L’être humain multidimensionnel est relié aux autres, à la nature, au cosmos. Il retrouve ainsi la mémoire immémoriale (celle des légendes, des mythes, des archétypes). Les objets retrouvent une âme, la magie de la vie redevient opérante et le monde se ré-enchante.

Une autre approche de la santé

La définition universelle de la santé (physique, mentale, sociale et spirituelle) par l’OMS indique clairement le passage de l’idée de l’homme-machine de la modernité à l’être humain multidimensionnel de la postmodernité. D’étroites similitudes existent entre la vision taoïste du monde et le paradigme non mécaniste de la physique quantique. Ces deux courants de pensée reposent tous deux sur une vision vibratoire et unitaire de l’univers, dont l’être humain fait partie intégrante.

Nourrir la vie par la pratique du tai chi chuan

Le tai chi chuan vise à une mise en résonance du microcosme et du macrocosme. Cet art interne permet de redécouvrir et d’expérimenter les lois universelles qui régissent les différents corps : humain, social et cosmique. Le saut quantique auquel nous invite cet art extrême-oriental est le passage du corps représenté au corps vécu. Sa pratique permet de nourrir la vie.

De telles approches de la santé soulignent l’importance de la prévention et stimulent l’homéostasie. Elles intègrent la dimension culturelle, reconnaissent la complexité et invitent à collaborer avec la nature. Elles ne sont ni parallèles, ni alternatives, elles sont complémentaires.

Édito revu Espace Taiji n° 67

Crédit photo : Almereca