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Lectures

Dictionnaire du corps

Présentation

Plus de deux cents articles cernent le corps, et permettent de comprendre ce que les sciences humaines et sociales peuvent nous dire de ses pratiques et de ses représentations. De la naissance à la mort, le corps est notre mode d’existence. Dans nos sociétés développées, il est devenu depuis la libération sexuelle une préoccupation quotidienne. Bernard Andrieu et Gilles Boetsch ont rassemblé des contributions répondant à des problématiques actuelles.

Extrait Préface Michel Blay

Nicolas Copernic (1473-1543), après la célébration des harmonies mathématiques du corps, voit dans le corps de l’homme comme une représentation de ce qui fait corps, système, en lieu et place du bricolage des anciens (…)

Le corps, c’est l’harmonie, mais aussi et surtout une figure de l’ordre des raisons, de la pensée ordonnée parce que cohérente. Certains devraient bien méditer cela, aujourd’hui, au lieu de s’adonner au jeu des bric à brac épistémologiques ou autres – où tout va parce que c’est la mode de tout coller en croyant que cela fait sens alors que cela ne fait que bon genre (…)

Le corps est cela, cette expérience complexe du sujet, mais il est aussi corps social en tant qu’il est construit par l’ordre social. Ce n’est pas un donné universel mais un sujet de l’histoire ; mon corps est historique et il faut en faire comme une archéologie. Archéologie multiple qui impose de confronter les sociétés, les époques, les croyances. L’étude du corps, en ce sens, est interdisiciplinaire (…)

Le corps est au coeur des savoirs et des pouvoirs (…) Ne serait-il pas, en effet, passionnant, par exemple, de revenir sur des questions bien actuelles concernant un corps un peu délaissé parce que, sans doute, moins noble, moins excitant intellectuellement et surtout beaucoup plus commun : le corps du travailleur, de cet homme encore et toujours taylorisé, stakhanovisé, épuisé et dont la force de travail, qui est bien celle de son corps, est continuellement exploitée.
Précisément, ce monde sans flânerie où travailler plus devient un ordre moral, une façon d’être, n’est-il pas le lieu où les corps, dans le silence, sont tordus ? Et l’ergonomie, n’est-ce pas d’abord une technique d’optimisation de la puissance du travail humain, du « moteur humain », et au profit de qui ?

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