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Lectures

Petit traité de la vraie religion – Guy Ménard (Téraèdre, 2006)

Dans son Petit traité de la vraie religion, Guy Ménard nous montre que les vieilles catégories de la religion, comme celles du sacré auxquelles elles renvoient, demeurent parmi les plus fécondes pour comprendre le monde dans lequel nous vivons et les transformations qu’il connaît. L’auteur, professeur à l’Université du Québec, renouvelle notre compréhension d’une dimension fondamentale et constitutive de l’être humain.

Petit traité de la vraie religion - Guy Ménard

La religion d’hier à demain

On pourrait également noter, en observant nos contemporains, que ceux-ci vivent d’autres réalités – la famille, le sport, l’art, l’engagement politique ou social, etc. – d’une manière implicitement religieuse p. 24.

Cette approche, à cet égard, s’inspire en grande partie de ce que, en sciences des religions, on appelle la théorie des déplacements du sacré (…) pp. 27-28.

L’expérience du sacré

Pour Otto, le sacré n’est pas d’abord une idée ou un concept, mais avant tout une expérience (…) une certaine manière d’appréhender le monde (l’univers, l’environnement social, les événements) p. 31.

Nos sociétés occidentales contemporaines (…) en ceci qu’elles sont travaillées par une dynamique de transformation que d’aucuns ont proposé d’appeler postmodernité (…) s’organiseraient de plus en plus elles-mêmes autour d’un très grand nombre d’expériences du sacré à partir de hiérophanies très différentes (…) p. 35.

(…) cette rationalité emblématique de la Modernité, flanquée de ses inséparables compagnons d’armes – le Progrès, l’Avenir, la Science et la Technique – a bel et bien pris la tête du cortège des plus remarquables hiérophanies de notre temps pp. 36-37.

Le sacré (…) est en effet toujours expérimenté comme étant à la fois fascinant et terrifiant, attirant et repoussant, désirable et effroyable p. 38.

(…) la seule manière de réagir convenablement à l’expérience du sacré demeure, ultimement le silence p. 41.

C’est essentiellement dans la capacité symbolique de la pensée et du langage que se trouve la clé de la possibilité de rendre compte de l’expérience du sacré p. 43.

Le langage symbolique, de ce point de vue, fait appel à l’analogie pour tenter d’exprimer ce qu’il y a d’inexprimable dans l’expérience du sacré p. 44.

(…), la frontière entre une expérience authentiquement religieuse et le fanatisme, voire la folie, coïncide avec la capacité de ne pas perdre de vue que le caractère sacré de ces objets ne tient pas à la matérialité de leur support mais à la capacité de symboliser infiniment plus qu’eux-mêmes p. 50.

Le mythe, récit sacré

Tout mythe est de quelque manière un récit des origines (…) la vérité du récit mythique se situe à un autre niveau. Elle vise le coeur d’une expérience fondatrice (…)p. 60.

Ces origines que racontent les mythes, ce sont bien celles de réalités que nous vivons encore aujourd’hui (…) Les mythes, donnant un sens à l’existence, indiquent également une direction à l’action, une sorte de modèle p. 62.

Le rite mode d’emploi du sacré

Le rite, en ce sens, est donc d’abord et avant tout la mise en scène – ou en gestes – d’un mythe, sa réactualisation au sens fort du terme p. 74.

Bon nombre d’indices amènent cependant à constater, de nos jours, la présence de ce que l’on pourrait appeler une nouvelle demande rituelle p. 86.

Religion, ponts et pontifes

Ces hommes -mais aussi souvent ces femmes – exercent ainsi un rôle particulier et indispensable dans la communauté : soit en raison de leur don (..) soit du fait de leur formation  (…) Tout se passe au fond comme si le pontife avait un pied dans le monde profane et l’autre dans le sacré. Pour prendre une métaphore plus actuelle, on pourrait dire qu’il fait office d’interface entre les deux p. 107.

On peut cependant aussi constater que les déplacements de l’expérience du sacré, repérables à notre époque, ont fait apparaître un grand nombre de nouveaux pontifes p. 108.

La religion dans la postmodernité

Je me limiterai à citer les sous-titres de ce chapitre particulièrement intéressant : mutations et ruptures postmodernes, un monde disponible au réenchantement, l’effritement des grands récits, micromythologies contemporaines, la religion “à la carte”, l’inversion des rapports entre le mythe et le rituel, une religiosité tribale, une religiosité light.

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