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Réflexions

Ma méthode Tai chi : un mélange d’Orient et d’Occident

Tai chi-Méthode - Style Chen -Simple fouet - Eric Caulier

 

Méthode

La méthode est ce qui apprend à apprendre, son objectif est d’aider à penser par soi-même pour mieux répondre aux défis de la complexité de la vie. La méthode, même si elle comprend des méthodologies, ne se réduit pas à des recettes techniques. Si certains segments sont programmés, une large place est cependant réservée à la découverte, à la stratégie et à la créativité. La méthode comme son étymologie grecque l’indique est une voie.

Tai chi

La représentation du tai chi par le symbole yin/yang est maintenant bien connue de tous. Il s’agit en fait de l’un des grands archétypes universels de l’humanité.  Ce symbole représente la coïncidence des opposés. Cette cohabitation de l’ombre et de la lumière, du blanc et du noir, du jour et de la nuit, … se retrouve en Occident sous la forme du damier et de l’échiquier, par exemple.

L’entre-deux

La structure de ma pensée et de ma personnalité ainsi que les aléas de la vie m’ont toujours amené à être dans l’entre-deux. Je voyageais  entre l’Orient et l’Occident, entre tradition et modernité, entre pratique corporelle et philosophie, … Cette pratique de l’entre-deux m’a amené à l’élaboration de ma méthode tai chi. Ma méthode tai chi est le résultat de longs séjours d’étude à la source extrême-orientale.  Je me suis “nourri” à l’Université d’Éducation Physique de Pékin et à l’Institut des Sports de Shanghaï. J’ai aussi côtoyé l’ Association Chinoise des Arts Martiaux et diverses familles traditionnelles. Cette formation orientale a été complétée, éclairée et enrichie par une approche pluridisciplinaire occidentale. Biomécanique, physiologie de la perception et de l’action sociologie et anthropologie m’ont abreuvé.

Mélange d’Orient et d’Occident

La recherche de centration et d’unification au niveau du geste se fait en répétant et en ressentant les formes anciennes (le patrimoine oriental). Nous y ajoutons l’apport de la modernité occidentale : l’éclairage biomécanique (couple de forces, leviers, ..) ainsi que les modèles cybernétiques (transmission de l’information/énergie). L’apprentissage est alors facilité et les effets démultipliés. On utilise à la fois le cerveau droit et le cerveau gauche. L’approche analogique de la tradition et le langage scientifique de l’hypermodernité se complètent.

Ma méthode tai chi délaisse les modèles particuliers et contingents propre à une culture. Elle se focalise davantage sur les zones de concordances. L’axe, le centre, la sphère, la spirale, la triade matière/souffle/esprit en sont les fondements. Toute la difficulté est de s’ouvrir sans se disperser. Il s’agit de faire appel à diverses disciplines en évitant les confusions. Les cadres ne doivent pas se transformer en dogmes. L’approfondissement des principes favorisent l’émergence d’un nouveau paradigme.

Multiculturalisme

À l’heure de la mondialisation, les grandes idéologies ont disparu. Le sens n’est plus dicté, ni imposé  par une entité ou une institution supra-individuelle. Il est à constituer singulièrement par chaque individu. Chacun choisit son propre système de croyance et détermine ses propres valeurs ; il devient entièrement responsable de ses choix et de lui-même. En ré-habitant nos terres intérieures, en nous retrouvant et en nous reconnectant à notre nature essentielle, nous pouvons redevenir acteur de notre vie. Si le multiculturalisme est maintenant incontournable, celui-ci ne peut être effectif qu’à la condition de bien posséder sa propre culture. En effet, on ne peut devenir un bon interprète que si l’on connaît bien sa langue maternelle. Ma méthode tai chi encourage une manière de vivre de façon consciente et responsable dans son époque en conservant la mémoire et en évitant se figer dans le traditionalisme.

Édito revu Espace Taiji n° 56

Crédit photo : Almereca