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Lectures

Les mouvements du coeur – Psychologie des Chinois

Le coeur est au milieu de l’homme, au centre de la poitrine. Vase parcouru par un sang toujours renouvelé, le coeur s’emplit et se vide. Ce que nous envisageons comme un muscle est, dans nombre de pensées traditionnelles, une entité spirituelle. Claude Larre et Elisabeth Rochat de la Vallée nous montrent dans cet ouvrage (Desclée De Brouwer, 1992) la place fondamentale du coeur dans la psychologie chinoise.

Les mouvements du coeur - Larre - la Vallée
Les mouvements du coeur – Larre – la Vallée

Préambule

De tout temps, les Chinois se sont intéressés à observer les soubresauts de la vie, que l’on aperçoit dans les autres, que l’on sent en soi-même. Ils ont recherché l’origine et les processus de mouvements qui, en nous, excitant les sentiments et les transformant en passions, menaient nos comportements. Ils en ont dégagé les incidences et les ravages au niveau (…) de la santé qui ne peut, en un homme, qu’être conjointement bonne santé physique et psychique p. 7.

Débordements et envahissement

En perdant son centre propre de commandement, on se perd tout entier.  (…) Perdre son être (…), c’est permettre aux incitations extérieures de faire sortir de son être ce qui devait rester profondément thésaurisé, pour le constituer et le reconstituer pp. 29-30.

Celui qui se laisse ainsi circonvenir, après un certain temps, ne pourra plus se ressaisir, puisqu’il aura laissé s’échapper les bases mêmes des forces qui auraient permis une reprise p. 30.

Sérénité d’un sage

Le sage n’est pas touché par les séductions extérieures; sa joie de vivre est ancrée dans la possession de soi-même, qui seule est possession du monde. C’est l’opposé de la dépossession de soi, qui vient de l’illusion de posséder quelque chose. Qui parlerait de posséder des plaisirs furtifs ? p. 30.

Par la conduite contraire, on se perd, on laisse partir ses essences, on manque et, à tous les niveaux de vitalité, c’est la débandade p. 31.

Essences et Souffles

Essences et souffles sont la charnière du dispositif qui fait vivre. Les essences s’offrent aux transformations pour le dégagement des souffles. Les souffles qui résultent de la transformation sur les essences sont les souffles de la vie profonde, authentique, de l’être. Les transformations (hua) sont des effets des souffles qui oeuvrent sur les essences. (…) les souffles sont des échanges. (…) En moi, cette puissance, ce sont les souffles, les aspects variés de mon animation, de mon être corporel ou mental (…). Les souffles se répandent partout, occupent l’espace disponible sans l’encombrer ; ils sont diffusés, légers et fluides, ce qui permet croisements et compénétrations pp. 46-48.

Cherchez plutôt la conduite naturelle. (…) Le Ciel : Terre, expression du Naturel, sait, sans l’avoir appris, comment utiliser les essences. L’homme, en l’imitant, apprend à s’entretenir dans ce qu’il est, harmonisant ce qui le constitue, thésaurisant des réserves, au temps opportun, évitant de gaspiller ses ressources naturelles, donnant quand il faut répandre, retenant quand il faut préserver. De là les techniques de la respiration, de l’alimentation, de la méditation, de l’hygiène sexuelle : des techniques qu’on devrait appeler “essentielles”. Tous les arts que l’on exerce sur soi, prenant dans le champ de l’exercice sur soi, tous les aspects de la vie propre et, toujours, le plus naturellement du monde … p. 55.

Continuité dans le changement

La continuité dans le changement caractérise le mouvement de la vie. C’est d’ailleurs ce qui rend si laborieuse la traduction de textes. Ceux qui s’y risquent s’en veulent de favoriser la continuité au détriment du changement – alors le texte semble piétiner – ou le changement au détriment de la continuité, et c’est une multiplication d’aspects qui recouvrent alors le mouvement de la vie. Encore si, pour une assertion définie, à un niveau bien repéré du surgissement ou de l’écoulement régulier de la vie, il n’y avait place que pour une formulation et une seule ! Ce n’est pas le cas p. 77.

Le coeur

En tout homme, son coeur assume la fonction que le Seigneur et maître assume dans l’État. Du coeur dépend le bonheur ou le malheur, la maladie ou la santé, la longévité ou la mort prématurée. Un corps blessé est à l’image d’un peuple opprimé, tyrannisé, détestant et maudissant son prince. Le coeur a besoin de santé pour réaliser une évidence chinoise (qui, pour d’autres esprits, est une antinomie) : c’est le coeur qui peut prendre en charge tous les êtres, en demeurant absolument vide. Pour le coeur, la vie en plénitude, c’est le vide. La vie individuelle est centrée par le coeur, qui rassemble et réunit en une composition de souffle harmonieux les constituants de l’être p. 80.

Dans la deuxième partie de l’ouvrage (pp. 131- 230) les auteurs développent “l’atteinte par les émotions”, “la pathologie des émotions” et “les signes cliniques”.

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